Retour

Bienvenue

 

Bienvenue aux visiteurs du centre de compostage ‘Hof ter Winkelen’, au pied du moulin à vent ‘t Merelaantje à Londerzeel.

Il y a beaucoup de choses à apprendre et à découvrir dans ce centre de démonstration, parfois cachées dans un coin, souvent même en dessous du sol.

La visite à travers le site débute à l’espace réservé à la réception des branchages apportés par des particuliers, à l’entrée du chantier.

A partir de là le guide vous conduit d’un endroit à l’autre.

Tous les guides sont des pionniers de la première heure, spécialisés dans le compostage et passionnés par les processus de décomposition et par la fertilité du sol.  Ils se feront un plaisir de répondre à vos questions spécifiques.

Si vous n’avez pas l’occasion de visiter le site en compagnie d’un guide, suivez la route indiquée par les panneaux numérotés.

Vous trouverez dans la présente brochure un mot d’explication pour chaque endroit indiqué par un panneau numéroté.

Vos remarques et suggestions éventuelles visant à rendre la visite plus didactique sont les bienvenues.

 

Nous vous souhaitons une agréable promenade.

 

L'équipe du Comité Jean Pain asbl.

 

 

1.            Ici, à l’entrée du chantier de compostage, les habitants du quartier voisin apportent leurs branchages fraîchement élagués.  Le bois mort, les souches, les tontes de gazon ainsi que les feuilles mortes ne sont pas acceptés.

 

2.            Le hache-branches, de couleur verte, découpe les plus grosses branches en fins copeaux réguliers utilisés comme matière première pour le mulching entre les arbres, arbustes et plantes vivaces.

Les chemins que vous emprunterez sont également recouverts de copeaux.  Ils sont agréables à la foulée et vos chaussures restent propres et sèches.

 

3.            Le broyat fibreux produit par le broyeur à marteaux, de couleur jaune, est réservé pour la production de compost.

Cet engin est surtout destiné au broyage des fins branchages.  Ceux-ci contiennent relativement plus d’éléments nutritifs et se décomposent plus rapidement.

C’est la seule matière première utilisée pour le compostage suivant la méthode du français Jean Pain, qui a développé cette technique depuis les années 70.

 

4.            A l’aide de la bande transporteuse, le broyat de broussailles et de fins branchages est acheminé sur le premier tas.  L’activité des bactéries, champignons et autres nombreux micro-organismes entraîne une élévation de la température jusqu’à  55°C et davantage.

Les maladies et les graines de mauvaises herbes sont de ce fait détruites.

Dans ce tas se trouve un récipient de ±100 litres régulièrement alimenté en eau froide.  Grâce à la chaleur du tas, on obtient de l’eau chaude au robinet.  Vous pourrez vous y laver les mains, au terme de votre visite.

 

5.            Le broyat de branches est retourné tous les trois mois, avec une pelleteuse.  Après chaque retournement, la température remonte rapidement jusqu’à 60°.  Cette élévation de température résulte d’une recrudescence de l’activité des micro-organismes suite à l’apport d’oxygène pendant le retournement du tas.

Après quelques semaines, la périphérie du deuxième tas commence à se refroidir, et l’on voit apparaître toute une faune d’invertébrés : vers de compost, collemboles, cloportes…..

 

6.            Deux mois après le deuxième retournement, le tas (entre-temps le troisième) est tamisé.  Le tamis rotatif crible à la granulométrie de 2 cm, et le compost ainsi tamisé est utilisé sur les parcelles maraîchères, en couverture du sol.  La fraction plus grossière est broyée et retourne dans un nouveau tas où elle fait office de starter.

 

7.            A côté du chantier de compostage se trouve un petit jardin de démonstration du recyclage.

Peut-être avez-vous l’impression, au cours de la visite guidée, que l’on doit disposer d’une surface importante si l’on veut installer un jardin écologique.

Rien n’est moins vrai : on peut - et vous pourrez  le constater - aménager un petit jardin écologique et reposant sur un espace réduit.

 

8.            Le gazon devant le moulin à vent ‘t Merelaantje est tondu hebdomadairement pendant les mois de croissance de l’herbe. On emploie à cet effet une tondeuse-mulcheuse équipée d’un système de coupe spécial qui réduit l’herbe tondue à de fines particules qui retournent à la surface gazonnée, sans qu’il faille ramasser quoi que ce soit.

La tondeuse-mulcheuse n’est donc pas équipée d’un bac pour récolter le produit de la tonte.

Le système fonctionne sans problèmes si l’on tond chaque semaine, par temps sec, et avec une hauteur de coupe de 4 à 5 cm.

 

9.            En face de la petite mare, un habitat a été aménagé en pleine verdure, pour y héberger des hérissons, des crapauds, des oiseaux et d’innombrables insectes, parmi lesquels des abeilles solitaires et des guêpes.

Tour à tour, la niche fonctionne comme refuge, comme dortoir, comme maternité et comme centre d’hibernation.  Les tiges creuses, les fentes dans le bois et entre les pierres sont utilisées par des insectes inoffensifs qui y déposent leurs œufs en même temps que leur nourriture.

 

10.          Dans le conteneur vert, à côté du moulin à vent, se trouve une toilette-compost : il s’agit d’une toilette moderne sans eau.  Lisez attentivement la notice explicative lorsque vous utiliserez cette toilette !

Après usage, n’oubliez pas de jeter une poignée de copeaux dans la toilette.  Les excréments et les copeaux se décomposent sans odeur dans le bac à compost qui se trouve en-dessous de la toilette.

Tous les 2 ans, le compost ainsi produit est récolté et achève sa maturation.

Le produit final se trouve dans le silo à compost à côté de l’escalier.

 

11.          Le long du conteneur vert sont installées 2 parois à copeaux.  Ces parois en fer à béton font office de paniers dans lesquels feuilles mortes, copeaux de branches broyées, feuilles d’automne et autres menus déchets verts sont empilés.

Au fur et à mesure de la décomposition des matières empilées, le contenu des parois-paniers est complété.

 

12.          Attenant au conteneur vert : un poulailler.  Les poules sont en effet en mesure de réduire les déchets ménagers, les mauvaises herbes et le gazon en vue de leur compostage.

Le poulailler est conçu pour un petit élevage à l’abri des visites de renards.  L’utilisation de broyat de broussailles en couverture du sol évite la formation de boue et neutralise les odeurs.  Les poules disposent aussi de bacs à grains et de réservoirs d’eau fraîche chaque jour.

Sous le poulailler, placé en hauteur, se trouve un coin sec où les poules peuvent prendre leur « bain de poussière ».

Devant la haie, un carré de verdure permet aux volatiles de gratter l’herbe à souhait.

Remarquez la clôture en fil enfouie sur tout le périmètre du poulailler, pour éviter que les renards essaient de creuser des galeries à la base de la clôture.

 

13.          Passé le poulailler se trouve le secrétariat du CJP.

Il abrite aussi une bibliothèque qui peut être consultée sur place. Le secrétariat est à la disposition des visiteurs pour toute information complémentaire et pour vous permettre de vous affilier à notre asbl.

 

14.          A droite de la porte d’entrée du secrétariat se trouve une toilette à litière, dans laquelle l’urine et les excréments sont récoltés séparément.

Une décharge est prévue pour l’urine, tandis que les matières fécales s’entassent dans un seau, recouvertes à chaque utilisation de la toilette, d’une poignée de copeaux.  Ce seau est vidé chaque semaine.  Ici aussi : aucune utilisation d’eau ni aucune nuisance.

 

15.          Les petits jardins potagers se trouvent à l’arrière du moulin à vent.

Une dizaine de jardiniers amateurs habitant la commune travaillent bénévolement dans ces potagers fertilisés exclusivement au compost de broussailles.Depuis une trentaine d’années, ces jardins produisent des récoltes saines et abondantes sans utilisation de quelques additifs que ce soient, sans arrosage ni bêchage.

Nous laissons volontiers aux visiteurs le soin de commenter les résultats obtenus dans un sol qui a pu s’amender pendant tant d’année grâce aux soins respectueux de sa structure, de sa pédofaune et de sa pédoflore.

 

16.          A l’arrière du jardin, tourner à gauche pour entrer dans un verger étroit peuplé d’anciennes variétés rustiques de poiriers et de pommiers munis de leur fiche d’identification.

Ils sont protégés du vent et du froid par une double haie.

 

17.          On passe du verger étroit dans le grand verger par une ouverture pratiquée dans la haie de charme.  Il est planté d’arbres fruitiers à noyaux (cerisiers, pruniers) et de cognassiers, néfliers et mûriers.

Tous ont bénéficié d’une bonne dose de compost lorsqu’ils ont été mis dans les trous de plantation.

Une couche de broyat  mi-mûr a ensuite été épandue au pied de chaque arbre.  Les arbres sont taillés chaque année et ne reçoivent aucun traitement particulier.  Des nichoirs ont été placés ici et là dans leur feuillage.

 

18.          A l’arrière du grand verger se trouve le rucher.  Les ruches hébergent des essaims d’abeilles qui, ensemble avec des abeilles solitaires et des guêpes, contribuent à la pollinisation des inflorescences des arbres fruitiers et des fleurs sauvages qui émaillent la prairie.

 

19.          Pour ne pas importuner les abeilles dans leur va-et-vient, une paroi en branches tressées a été placée à la sortie des ruches, entre 2 rangées de piquets en bois de châtaignier.

Cette paroi est un refuge pour des hérissons, des oiseaux et des insectes qui y ont élu domicile.

Quelques plantes grimpantes se sont accrochées à la paroi et la décorent.  Les abeilles s’y délectent du nectar de leurs fleurs.

 

20.          La prairie du verger est traitée de 2 manières différentes.

Les chemins de promenade qui la traversent sont régulièrement entretenus par une tondeuse-mulcheuse. Le reste de la prairie a été ensemencé d’un mélange d’espèces fleuries et est fauché deux fois par an, pour respecter sa biodiversité.  Un coin réservé aux espèces à bulbes fleurit chaque année en avant-saison.

 

21.          Au milieu du verger, une hutte en saule a été construite.  C’est un édifice vivant constitué de branches de saule (têtard) plantées transversalement dans le sol et reliées entre elles par des vis de fixation, pour former une sorte d’iglo vert.

 

22.          Dans le jardinet de plantes potagères trône un laurier qui va bientôt atteindre la trentaine sans avoir souffert des hivers passés. A proximité : une spirale sur laquelle poussent des herbes aromatiques, plantées chacune  en fonction de ses besoins en lumière et en humidité.

 

23.          Dans le jardinet de plantes condimentaires, un intérêt particulier a été porté au mulching.

Une couche de tontes d’herbe a été épandue en une mince couverture entre les plantes et les buissons pour garder le sol humide et pour y entretenir une riche pédofaune qui y bénéficie des éléments nutritifs de la matière organique en décomposition.

En mulchant avec des copeaux de broussailles, on profite d’une décomposition plus lente qu’avec d’autres déchets végétaux, ce qui permet d’espacer l’apport de nouvelles couches.

 

24.          Dans le jardin de plantes condimentaires se trouvent quelques compostières en treillis recouvert de plastique ajouré.  Elles produisent  un compost de bonne qualité.  Dans les bacs ouverts, on peut recouvrir la paroi intérieure d’un carton ou d’un plastique perforé pour éviter que la matière en cours de compostage soit desséchée par le vent.

 

25.          En bordure du jardin de plantes condimentaires, sont alignés une dizaine de fûts composteurs de modèles différents, de diverses marques  et contenances. Ils fonctionnent tous de manière satisfaisante ; ils contiennent du compost à des stages  différents de décomposition.

Un fût composteur est constitué de 5 éléments : la plaque de base, le tronc, la trappe de contrôle, le couvercle et la tige aératrice.

La plupart des communes flamandes présentent des fûts composteurs à prix réduit.  L’usage de ces fûts est simple, si l’on prend soin.

-          de recouvrir la base de copeaux ou de tiges séchées

-          d’alterner les matières déchétaires « brunes et vertes » à chaque remplissage.

-          d’utiliser la tige aératrice une fois par semaine

-          de vider le fût complètement une fois par an ; récolter le compost mûr, mélanger soigneusement les matières non encore compostées et recharger le fût.

 

26.          Il existe sur le marché toute une gamme de silos composteurs en plastique.  Si l’on observe correctement les règles de base du compostage, ils produisent tous un compost de qualité.  Il faut surtout prendre soin d’aérer le contenu régulièrement au moyen de la tige aératrice.

Certains modèles sont plus pratiques que d’autres lorsqu’il s’agit de retourner ou de prélever le compost.

 

27.          Pour réaliser les bordures de ce coin, il a été fait usage de faisceaux de branches et de souches.  Les branches élaguées sont tressées et peuvent former des panneaux entrelacés.  De cette manière, le bois déchetaire devient un matériau de construction utilisable dans le jardin comme clôture, comme élément décoratif ou pour y servir de support à des plantes grimpantes.

 

28.          Nous avons vu dans les jardins potagers combien le compost peut amender le sol, et, partant, les cultures. Mais peut-on semer ou planter directement dans le compost ?

Ici le guide fait observer que le compost peut se révéler trop’ fort ‘s’il provient de trop de déchets ménagers et de fumier. Tamisé et mélangé à de la terre ou à des fibres de noix de coco p.e., on peut en faire du terreau.

 

29.          En empruntant le sentier, on arrive à la grande halle d’ombrage. Au début des années 80, une couche de 40 cm de compost de broussailles y a été épandue. Chaque année, une couche de 4 cm de compost mi-mûr vient recompléter la couche initiale.  Les végétaux y puisent leurs nutriments et se développent sans problème ni signe de carence.

La halle d’ombrage est recouverte d’une toile en nylon qui fait office de brise-vent, ce qui crée un microclimat à l’intérieur de la halle, où les plantes se trouvent ainsi protégées contre les grands écarts de température, contre les averses battantes, la grêle et les vents violents.

 

30.          Dans la serre-tunnel, on cultive depuis de nombreuses années des tomates, des aubergines et des paprikas. C’est le seul endroit du jardin où l’on arrose.

 

31.          L’usage des bacs à compost est surtout indiqué pour ceux qui ont un grand jardin avec des déchets fort variés.

Si l’on travaille avec au moins 2 bacs, la biomasse en voie de décomposition peut être retournée au minimum une fois, ce qui améliore fortement la qualité du produit fini. Ces bacs peuvent être réalisés de différentes façons. Particulièrement pratiques sont les modèles avec une ouverture à l’avant.

 

32.          Un modèle plus élaboré est également présenté : c’est le Compostumbler, qui permet, en mélangeant et en retournant, d’aérer le contenu.  On charge chaque jour le cylindre en y introduisant des matières ‘brunes’ et ‘vertes’ et l’on fait culbuter d’un tour.  Ce faisant, les déchets de cuisine, les feuilles d’automne, les tontes d’herbes et le broyat de ligneux (copeaux) sont intimement mélangés.

Après 3 semaines, le contenu prédécomposé est sorti de l’appareil et mis dans le bac à compost attenant, où il continuera à se décomposer pendant quelques mois pour devenir un compost mûr.

 

33.          Les bacs utilisés pour le vermicompostage existent en différents modèles.  Ils peuvent aussi être construits de manière simple et économique.

Ils sont surtout pratiques pour ceux qui n’ont pas de jardin et qui cherchent à recycler leurs déchets ménagers.  Le percolat obtenu est un produit intéressant qui peut être utilisé pour les plantes d’appartement. Le compostage en bacs vermicomposteurs requiert quelque expérience.  Informez-vous auprès du guide si vous comptez utiliser ce système.

 

34.          Un petit hache-branches ou broyeur est utile pour qui dispose d’un grand jardin. Il existe divers modèles de cet engin, en fonction de la puissance et de la solidité recherchées et de l’investissement que l’on peut consacrer à son achat.

Tenir compte du travail pour lequel l’engin a été construit et éventuellement le prendre en location avant d’acheter, pour s’assurer que l’appareil convient pour les tâches envisagées.

La visite s’achève à proximité de la petite unité de purification de l’eau du chantier.  Il s’agit d’un mini-lagunage, initialement prévu pour purifier l’eau d’un petit groupe d’habitations.  Ici, c’est l’eau, qui percole des tas de compost, qui est purifiée.

La purification s’effectue en 4 temps :

 

35.          Dans la première phase, le percolat arrose le Biorol : il s’agit d’une sorte de paillasson en matière plastique, enroulé sur lui-même et garni d’aspérités. Le paillasson a une longueur  de 50 m et une surface de 200 m² sur laquelle s’écoule le percolat.  Les micro-organismes du percolat se fixent sur les aspérités et s’y développent, en se nourrissant des matières organiques présentes dans le percolat.  Grâce aux orifices des aspérités du paillasson, les micro-organismes disposent d’air en suffisance.  50% des impuretés organiques du percolat sont ainsi extraits du percolat par le passage sur le Biorol..

 

 

36.          L’eau prépurifiée est ensuite pompée dans une plantation de roseaux.  Ceux-ci poussent dans un bac rempli de sable construit au-dessus du sol et consolidé par un talus.

Dans le sol du bac, des colonies de bactéries se développent sur les fortes tiges souterraines et les rhizomes des plantes poussant dans le bac.

Les racines prélèvent des sels minéraux sur l’eau du percolat qui se trouve ainsi une nouvelle fois purifiée, avant de s’écouler, au moyen de tuyaux de drainage, vers la phase suivante du lagunage.

 

 

37.          Les plantes aquatiques qui poussent dans le petit marais contigu prélèvent à leur tour des éléments nutritifs encore présents dans  l’eau qui est ainsi presque complètement purifiée et qui termine son parcours dans le petit étang grouillant de vie.  Cette eau n’est bien sûr pas potable, mais limpide : des grenouilles, des poissons, des larves de libellules et toutes sortes d’insectes témoignent de la qualité biologique de cette eau.

 

Nous vous remercions pour votre visite et vous disons : à la prochaine fois !